2015 - 2018


Au mois de février 2015, Status Quo aura droit à un bel article dans le magazine 'Guitare sèche' où, inutile de le préciser, il est, fortement question de l'album 'Aquostic'. La première date française de cette année se situe, le 8 juillet, au festival 'Poupet' de St Malo du Bois. Légèrement malade, Rhino assurera le set devant 3.002 personnes, exactement. A nouveau, le public est sous le charme, enjoué et étonné par la quantité de décibels dégagé par le groupe ! 'Ca fait un petit moment que le théâtre de Verdure n'avait pas connu telle déferlante de son. Avec cinq amplis Marshall en ligne, les Status Quo ont fait trembler le chapiteau, devant une nuée de cheveux grisonnants, et parfois même de plus de cheveux du tout, horde de nostalgiques des riffs boogie seventies des Anglais sauvages. Un bain de décibels pour certains, une cure de jouvence pour tous !' mentionne le magazine du festival. Ouest-France y va, également de sa chronique positive : Le groupe de sexagénaires britanniques n'a jamais aussi bien porté son nom. Après presque cinquante ans d'existence, les Quo dégagent toujours autant d'énergie. Les vieux aussi ont le droit d'être jeunes et cons. Au moins le temps d'une soirée. Au moins le temps d'un concert. Pour la venue des Status Quo à Poupet certains ont donc sorti les perruques longues, d'autres les vieux tee-shirts, d'autres encore se contenteront de se pousser un peu au milieu de la foule, histoire de se rappeler leurs jeunes années. Mais si leurs principaux fans doivent faire un petit effort pour se souvenir comment ils faisaient la fête à l'époque, les Quo n'ont pas ce problème. Sur scène, l'alignement des amplis semble décupler l'impression de puissance. Mais non, ce n'est pas qu'une impression. Dès les premiers coups de gratte, les regards malicieux se croisent, on se comprend : Ca va jouer fort'. 'Si tu veux voir des vieux qu'ont la patate, tu vas les voir' parie Marc, membre du fan club France Le Quomotive. Il a eu raison. Leur âge, Francis, Rick, John et Andy s'en moquent, littéralement : 'Celle-ci on l'a jouée dans les années 90, 80, 70' . Francis Rossi ne s'arrête pas là dans l'autodérision. Il fait semblant de tousser, d'être essoufflé, tout est bon pour montrer que le temps n'a aucune prise sur le groupe. Et leur performance le prouve. Les transitions sont courtes, sans fioritures, les Quo sont là pour jouer. Ça tape, ça gratte, ça saute et ça chante avec une énergie convaincante. En somme, ça envoie. Le public est sollicité quand il faut et ne se fait pas prier. Richard aussi est là. Et plutôt 125 fois qu'une. 'J'ai arrêté de compter il y a 4 ans et je les avais déjà vu 100 fois. Depuis j'ai dû voir 25 concerts' . Richard est le président du Quomotive. Pour lui rien n'a changé, 'ils ont été bons'. Et ce n'est pas une surprise : 'Avec Marc on avait vu la liste des chansons qu'ils allaient jouer' De quoi plaire aux spécialistes donc mais aussi aux plus classiques : Whatever you want et In the army now résonneront également dans un Théâtre de verdure qui a fait le plein (3002 personnes). A 23 heures, Status Quo s'arrête après un rappel. On est loin des fins de soirées d'il y a 40 ans mais tout le monde s'en fout. Tout le monde y a cru. Au moins le temps d'une soirée. Au moins le temps d'un concert'.

Le lendemain, 650 kms plus au sud, c'est le festival 'Pause guitare' d'Albi qui se trouve sur la route de Status Quo. Un des comptes-rendus de la presse élogieux vient confirmer le ressenti des 6.000 spectateurs : 'Après la douceur de la folk c'est dans une ambiance un peu plus rock'n'roll et en compagnie de Status Quo que nous allons continuer la soirée. Créé en 1962 à Londres, ce groupe de boogie hard rock a réalisé pas moins de 30 albums dont Aquostic sorti l'an dernier. Il est 21h45, la nuit commence à tomber lorsque les vétérans made in England débarquent pour nous envoyer leur bon boogie-hard rock toujours aussi efficace en live. La foule qui s'est rassemblé devant la scène est majoritairement composée des fans de la 1ere heure, des fans qui, ce soir vont perdre quelques années et retrouver leur fougue d'antan. A tous deux 66 ans, Francis Rossi et Rick Parfitt, armés de leurs guitares ont toujours la pêche et vont nous envoyer des bons vieux morceaux comme Caroline, Rain, Little Lady ou Big Fat Mama. Dans le public ça chante, ça saute et ça se roule des patins! C'est clair, le rock'n'roll donne des ailes à certains et une nouvelle jeunesse à d'autres. Leon Cave nous offrira un chouette solo de batterie introduisant la célèbre In The Army Now, les "oh oh oh" résonnent sur le site Pratgraussals. Le joli jeu de light met bien en valeur le spectacle, le son est plutôt bon et tous les musiciens, Rossi, Parfitt, Cave, mais aussi Andy Bown et Rhino se donnent à fond. Les papys attiseront la foule avec l'incontournable Whatever you Want et clôtureront le show avec Rockin' all Over the World. Un concert punchy qui aura fait régner la bonne humeur générale, merci à Status Quo'. A noter, également, un article très positif de la Dépêche du Midi. Le groupe a encore séduit de manière unanime confirmant son rôle de groupe de festival dont lequel on retrouve le mot festif tellement en adéquation avec la musique qu'il produit.

Le 9 août, c'est à 5 heures du matin que les Quo débarquent à Trélazé pour le festival du soir. Afin de doper son festival, le maire a tenu à faire venir ce qu'il considère comme l'un des plus grands groupes internationaux. Il n'aura pas à le regretter même s'il est confronté aux exigences du groupe de démarrer la prestation à 21 heures précises, l'obligeant alors de différer son discours de présentation d'un quart d'heure. En effet, près de 35.000 personnes (meilleure affluence du festival après la soirée NRJ) seront présentes cette soirée alors que les organisateurs en avaient pronostiqués deux fois moins ! Troisième participation à des festivals français pendant l'été 2015, pas mal, vraiment !!! Les organisateurs savent qu'en mettant Status Quo comme tête d'affiche, le succès est garanti comme le confirme cet article diffusé dans le Courrier de l'Ouest. Personne ne le sait, à ce moment, mais cette représentation restera la dernière de Rick Parfitt dans l'hexagone, pays où il a toujours aimé se produire.

L'année 2016 ne prévoit que deux concerts, en France, le 16 juillet au festival, Guitare en scène de Saint Julien en Genevois, le second au Zénith de Paris, le 4 décembre où Status Quo n'a plus joué depuis 1994. 'Toujours en forme, Rick Parfitt et Francis Rossi devraient enthousiasmer le public comme à chaque concert où ils se montrent inusables'. Le journaliste du Dauphiné Libéré avait, hélas, raison d'employer le conditionnel au moment où il a écrit son article, au mois de février, annonciateur de la participation du groupe au festival 'Guitare en Scène'. La crise cardiaque de Rick Parfitt, en juin allait priver le public français de sa présence. Il allait être remplacé, temporairement, par le fils de Rhino. Cela faisait dix ans que les organisateurs voulaient Status Quo à leur festival sans que jamais ça n'ait plus se conclure pour diverses raisons. C'est maintenant chose faite et le groupe donnera son quatrième concert, en Haute-Savoie. Concert sans surprise avec une set-list traditionnelle, devant environ 4,500 personnes. Quelques temps après, la sortie de 'Aquostic 2' ne déchaîne, nullement, les passions , l'album n'étant répertorié qu'à la 250ième place des ventes d'albums, le 24 octobre.

Le second est annulé et reporté au 2 mai 2017. La cause officielle est une pharyngite de Rossi. Se réfugier derrière cette soi-disante indisponibilité arrange tout le monde. Les locations ont été catastrophiques pour le Zénith de Paris. A peine 1,500 billets ont été réservés. A la fin de l'année, les fans français sont tous sous le choc du décès de Rick Parfitt ! L'âme du groupe, celui qui lui donnait cette profondeur musicale, celui qui faisait l'unanimité, celui que tout le monde appréciait tire sa révérence, le 24 décembre ! Au début de l'année 2017, 'Rock'n'folk' et 'Rock Hard' publient deux articles en hommage à Rick Parfitt. C'est, hélas, dans ce triste contexte que se prépare le report du concert annulé du mois de décembre précédent. La salle Pleyel qui est utilisée est plus appropriée avec ses 1.700 places. Pourtant, elle est loin d'être remplie, le décès de Rick Parfitt étant très préjudiciable aux réservations ! Le site RockUrLife rédige un compte-rendu très honnête du concert : Les lumières s'éteignent et c'est au tour de Status Quo de faire son entrée sur la scène de la Salle Pleyel. L'installation est sobre, pas d'écran, pas de décors, seulement les musiciens, leurs instruments et les amplis. Les Anglais, dès leur arrivée, ne manquent pas de réveiller le public resté (trop) paisible lors du passage de Grit. Bien qu'âgé, le quintette ne laisse rien paraitre quant à une éventuelle fatigue. Ca bouge, ça saute. Rien à dire, le plus surprenant est que ce sont les deux nouveaux membres Leon Cave et Richie Malone, bien plus jeunes que le reste des autres musiciens, qui sont les plus statiques. Ces derniers ont également le rôle de bouc émissaire à plusieurs reprises, lorsque Francis Rossi (chant/guitare) rate des notes, il accuse le jeune Malone d'en être à l'origine, sur le ton de l'humour évidemment. Un humour que le frontman garde à chaque fois qu'il s'adresse au public parisien, se moquant de son âge plus ou moins avancé, ou des spectateurs qui donnent l'impression de dormir. Heureusement, la formation joue plusieurs de ses classiques comme "In The Army Now", chanté par la Salle Pleyel à l'unisson ou encore "Bye Bye Johnny", de quoi faire plaisir à l'assemblée. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, les musiciens quittent la scène après plusieurs minutes à saluer l'audience'. Mais Rick Parfitt manque, manque terriblement ...

Ce dernier concert, considéré comme l'un des plus pauvres produit par le groupe, en France, n'est pas de nature à envisager une nouvelle tournée française. Seule, une participation à la foire aux vins de Colmar est programmée le 28 juillet pour ce qui sera un nouveau succès avec près de 10.000 personnes. 'Changement d'ambiance et de comportement pour le public. En effet les 10.000 âmes présentes trépignent d'impatience à l'idée de voir débarquer les Anglais qui a fait peau neuve (changement de batteur et de guitariste suite au décès de Rick Parfitt). Le traditionnel 'Caroline' (Hello !, 1973) ouvre le concert, les deux petits nouveaux Richie Malone (guitare) et Leon Cave (batterie) font le nécessaire pour mettre en avant leurs capacités. Le groupe semble particulièrement en forme ce soir !. Les compères que sont Francis Rossi et Andy Bown arpentent la scène comme s'ils avaient 20 ans !. Les titres suivants sont très habituels puisque 'Something 'Bout You Baby I Like' (Never Too Late,1981), 'Rain' (Blue For You, 1976) et 'Softer Ride' (Hello !, 1973 également) sont enchaînés et les plus rares 'Beginnig Of The End' (In Search Of The Fourth Chord, 2007) et 'Hold You Back' (Rockin' All Over The World, 1977) font danser l'assistance qui contrairement au concert précédent est extrêmement participative à tel point que Francis Rossi n'a quasiment pas besoin de s'employer pour demander du 'soutien'. La suite reste très prévisible certes mais est exécuté avec une puissance rarement entendue chez ces Messieurs. Le coup de jeune apporte indéniablement un plus à tous les niveaux, les anciens sont véritablement entrain de vivre une seconde jeunesse. Les 'What You're Proposin' (Just Supposin', 1980), 'Paper Plane' (Piledriver, 1972) et autres 'Creepin'up on you' (Heavy Traffic, 2002) sont joués à vitesse Grand V. Vient ensuite le moment des hit avec LE titre qui a conquis la France en son temps, la reprise de Bolland : 'In The Army Now' (album du même nom, 1986) qui remporte tous les suffrages, suivi des titres les plus fameux de leur répertoire : 'Roll Over Lay Down' ( Hello !, 1973), 'Down Down' (On The Level, 1975) ,'Whatever You Want' (album du même nom, 1979) et la reprise de John Fogerty 'Rockin' All Over The World' (album du même nom, 1977) pour clore ce concert rondement mené. Devant la clameur du public, les Anglais reviennent plier l'affaire avec deux titres supplémentaires que sont : ' Burning Bridges' (Ain't Complaining, 1988) et le dyptique 'Rock 'N' Roll Music/Bye Bye Johnny' (On The Level, 1975) et quittent les planches avec le sentiment du devoir accompli. Cette prestation a été la plus aboutie que votre serviteur ait vu en comparaison à celle du Hellfest 2014 et fait presque mieux que celui avec la formation d'origine au Palais Des Sports de Paris la même année. Chapeau !. Critique signée 'Hard Rock 80'. Le numéro de septembre du magazine 'Batteur Magazine' publie un article sur Léon Cave.

2018 marque un nouveau frein dans la carrière du groupe, en France. En effet, Status Quo, depuis quelques années, a participé à, pratiquement, tous les festivals français et les organisateurs ne se voient pas, à nouveau, refaire venir le groupe aussi rapidement. La quasi totalité des dates programmées, à travers l'Europe, étant réservées à ces manifestations, seule une participation au Music festival de Craponne sur Arzon est prévue. Ce sera le 29 juillet. La particularité de cette journée réside dans le fait qu'il s'agit plus d'un festival de country et de blues ce qui manque pas de contrarier un Francis Rossi un peu inquiet au moment de monter sur scène. Qu'à cela ne tienne, cinq minutes plus tard, le groupe aura rallié un public tout à sa cause. Néanmoins, quelques amateurs purs et durs de country music déplore la présence de Status Quo ce à quoi Delphine Magaud, la présidente du festival répond : 'Il nous a semblé important de faire évoluer notre festival. On a fêté notre trentième anniversaire, l'année dernière. C'était une bonne date pour passer à autre chose. Mais ce n'est pas, totalement, autre chose, on a pas changé la physionomie du festival car dix des douze groupes présents sont estampillés 'country' mais on veut s'ouvrir à d'autres styles puisque le rock, le folk, le blues ne sont pas des styles si éloignés de la musique country. En même temps, quand on a Status Quo sur la grande scène, on ne peut pas dire 'tant pis', c'est quand même un groupe mythique'. Il est très exactement 18h45 lorsque le groupe prend possession de la scène plein face au soleil. Deux options s'offre, alors, soit une prestation complète de 90 minutes soit une set list allégée, Francis choisit la seconde, c'est évident. il fait très chaud, et déjà assurer plus d'une heure en plein soleil quand il fait 30 degrés est déjà en soit une performance quand on frise bientôt les 70 ans. Status Quo jouera 1h18, amputant la set-list de 'Paper plane' et 'The oriental'.