1984 - 1986

Les fans, les vrais, le noyau dur, cherchent à s'enquérir des dernières nouvelles qui franchissent bientôt les frontières de notre pays. Status Quo arrête les tournées ! C'est la conversation qui anime les rencontres entre supporters du groupe. En avril 1984, le magazine Metal Attack publie un reportage sur les rumeurs de split. Rossi et Parfitt affirment que ces rumeurs sont exactes et que la tournée 'End of the road', véritable tournée d'adieux, passe par la France. A l'aube d'attaquer ce périple, Status Quo peut se flatter d'avoir atteint le chiffre de deux millions de disques vendus dans l'hexagone. C'est un excellent chiffre dont peu de groupes peuvent se vanter, à cette époque. Et la tournée à venir ne peut que gonfler ce chiffre ! Les affiches promotionnelles et les billets montrent la pochette de 'Hello' avec la mention 'Bye bye'. Sept dates sont programmées, Paris, le 10 mai, Besançon, le 11, Lyon, le 15, Grenoble, le 16, Clermont-Ferrand, le 17, Le Mans, le 19 et Lille, le 20. Le concert du Zénith est un semi-succès. La salle n'est pas complètement remplie ce qui ne manque pas de contracter quelque peu le groupe. 'Je crois que le public français nous a un peu oublié depuis notre dernier passage à Paris, il y a trois ans. Je viens de jeter un coup d'œil à la salle ce soir. Elle est loin d'être remplie, il va falloir en mettre un sacré coup, on va bosser plus dur'. souligne Lancaster au magazine Hard Rock Magazine. Rick Parfitt est, lui, interviewé par Enfer Magazine. Le groupe semble fatigué, usé, sans âme et seuls les concerts de Paris et Lyon sont donnés. Besançon, Annecy, Clermont-Ferrand, Le Mans et Lille sont finalement annulés. La cause officielle évoquée par le management du groupe est une indisposition de Rossi, ce dernier ayant été incommodé par des fumigènes. Mais, il semble que Francis, victime de divers abus, fût ménagé pour la partie anglaise de la tournée. Pour Besançon, la donne est tout autre, c'est tout simplement, un nombre de billets vendus insuffisant ! Là, où Status Quo avait pourtant réuni 3.000 personnes en 1978.

Les fans présents à Lyon, en ce 15 mai 1984, ont en face d'eux un Rossi dans des états physique et psychique pitoyables. Il ne semble que l'ombre de lui-même. Pourtant, le palais d'hiver est rempli soit 1.600 personnes mais à son apogée, Status Quo jouait au palais des sports devant 3 fois plus de monde. Les fans présents assistent à un événement pathétique lorsque, pendant le concert, il y eu un problème électrique avec les retours. Le roadie préposé à la réparation arrive sur scène afin de réparer lorsque Rossi entame un petit monologue en tout en poésie fine : 'This is Phil, Phil is fucked ! Electricity is fucked, do you understand fucked ? Il pointe alors son doigt vers Lancaster et declare : 'He is fucked' puis pointant son pouce sur lui, 'I'm fucked' et enfin, en tendant les bras vers le public : 'We all are fucked'. Pathétique ! Il ne voyait pas que ça n'amusait personne excepté lui-même. Un peu plus tard, sur 'Rain', Parfitt et Rossi semblaient beaucoup s'amuser en changeant les paroles, dans l'indifférence générale' : 'Rain that's falling down on my cock …' Le concert d'Annecy, comme les autres, est annulé dans l'urgence, plusieurs fans se cassant le nez à l'entrée de la salle sans qu'aucune information de la suppression ne soit donnée. En effet, suite au concert de Lyon, le groupe pris directement la direction de l'aéroport de Lyon Satolas et s'envola pour l'Angleterre prendre un peu de repos, ceci leur permettant, et surtout à Rossi, de se refaire un minimum de santé pour la partie anglaise de la tournée. Au Mans, l'office de tourisme local prétexte des réservations insuffisantes après avoir retiré les affiches publicitaires. A Lille, une seule affiche sur les grilles avec le mot ANNULE avec un seul N accueille tristement les nombreux fans français venus assister au dernier concert de Status Quo sur le sol de France. Triste fin pour le groupe. Status Quo méritait une autre sortie.
Ce formidable groupe qui avait régné pendant dix ans sur le territoire national disparaissait dans un presque anonymat. Fini les kilomètres de routes, d'autoroutes, les heures d'attente devant les salles, les pieds de grue avec les potes. Exit, l'extase lors de l'annonce d'une tournée. Terminé Status Quo ? Il semble que oui. Il faudra prendre son pied en concert avec d'autres groupes. Cependant, discographiquement, il est possible de se consoler avec le live, 'Live at the Nec'. Paradoxalement, de nombreuses critiques, peu convaincantes, voient le jour. 'Jamais groupe de hard ne fut aussi gentil, aussi sympa, jamais hard-rock ne fut aussi digeste que celui de Quo. Je puis affirmer que c'est un bon deal. A moins d'être dans les 10 premiers rangs, un de leurs concerts n'apporte pas beaucoup plus que cet album, c'est à dire l'équivalent d'un super-disco-mix de 40 minutes'. 'Cet album, enregistré en concert le 14 mai 1982, au National Exhibition Centre, est doublement intéressant. D'abord parce qu'il est d'une qualité excellente et qu'il reprend la plupart des titres de Status Quo. Les meilleurs moments du groupe tout au long de ses vingt ans de carrière dans un véritable 'Best of''. 'Alors tel un stock de papier Lotus dans les mains d'un boxeur, Status Quo arrive au bout du rouleau, voici sûrement l'ultime témoignage (quoique ?) scénique du groupe. Un album live qui a le fort regrettable inconvénient de présenter une forme simple et sur lequel les fans inconditionnels de Status Quo, n'en doutons pas se jèteront comme les postules sur la figure de ce pauvre Job. Enregistré pendant la formidable tournée du 20ième anniversaire, cet album présente un intérêt relatif dans la mesure ou celui-ci ne reflète qu'un court extrait de ces concerts qui pour la plupart furent dithyrambiques. Un bon disque, cependant où la production donne du relief à un boogie effréné qui s'était cependant atrophié au cours des derniers albums mais qui fait toujours illusion sur scène'. Ce dernier album live ne rencontre qu'un succès d'estime, ne se vendant qu'à quelques milliers d'exemplaires.
La compilation 'Twelve Gold Bars vol.2' sort en fin d'année dans un relatif anonymat et relativement peu chroniquée dans la presse française. Au mois de février 1985, 'Do they know it's Christmas', le single du Band Aid auquel aient participé Rossi et Parfitt est n°46 dans les Charts français. Rien à signaler sur l'année 1985 si ce n'est quelques petits articles dont deux signés Metal Attack et Paris-Match.

En 1986, le groupe renaît de ses cendres. Le premier 45 tours du Status Quo nouvelle mouture, 'Rollin home' sort au mois de mai, soit trois ans après le dernier simple. Toutefois, il ne rencontre qu'un petit succès de sympathie. En remplacement de James Brown, Status Quo se produit, le 13 juillet, au stade Francis le Blé de Brest, dans le cadre du festival 'Rockscene'. Ce concert est même enregistré par la radio RTL. Seulement 1.500 Bretons ont le privilège de faire connaissance des deux petits nouveaux, Rhino et Jeff. Beaucoup sont déçus du départ d'Alan mais heureux de revoir ce groupe de légende sur scène. Trois dates sont programmées en novembre pour soutenir la sortie du nouvel album et du nouveau single intitulés, tous les deux, 'In the army now'. Quo doit jouer le 4, à Toulouse, le 5 à Montbrison et le 7 au Zénith de Paris. Finalement, ces trois concerts sont annulés. Rossi nous en donne la raison dans le magazine 'Enfer magazine' de mars 1987. 'Le tourneur n'a pas fait son boulot. On n'avait rien fait depuis deux ans, il ne devait pas être sur qu'on attirerait du monde, alors il ne s'est guère engagé, il n'y a presque pas eu de promo et plutôt que de jouer devant une salle vide, on a préféré reporter pour jouer au Zénith en mars ".


M6 profite du retour du Quo en France et diffuse une émission retraçant l'histoire du groupe. On reparle de Status Quo en France. Le groupe est de retour dans l'hexagone et quel retour ! Le 13 décembre, 'In the army now', le single, entre dans le top 50 à la 42ième place. Il se classe finalement n°2, le février 1987 (1ère place barrée par Elsa et 'T'en va pas'), se vend à 616.478 exemplaires (vente 01/12 au 31/12/86: 131 841, vente 01/01 au 30/04/87: 509.567 - 24 932 (retours) = 616 478 ex et reste plusieurs semaines dans le Top 50. In the army now' se classera parmi les 350 meilleures ventes de 45 tours de tous les temps, dans l'hexagone mais aussi incroyable que celà puisse être ne bénéficie d'aucun passage télé hormis le clip diffusé sur Canal +. Aussi improbable que véridique, le groupe est à la mode. Le titre inonde les radios, les discothèques et les chaînes personnelles ! C'est le plus gros succès de Status Quo en France ! Il ne sortira des classements français que le 23 mai 1987 après 24 semaines de présence ! Pourtant la critique de l'album est très mitigée. 'Status Quo, c'est toujours pareil, du boogie-rock comme ils disent. On aime ou on aime pas, alors ne comptez pas sur moi pour vous dire que ce disque est bla bla bla … Et puis Status Quo ne veut pas dire 'Dans l'état ou se trouvaient les choses auparavant ?'. Le problème, c'est que même les meilleures constructions, avec le temps, deviennent des ruines si l'on n'y prend garde'. Hervé Picart de Best se montre ici plus dans la peau d'un fan que dans celle d'un critique. 'Bon, libre à vous de passer en ricanant devant le nouveau Status Quo de les traiter de vieux c… et d'aller chercher ailleurs votre bonheur. Ceci dit, vous passerez devant à côté d'une fameuse tranche de bon temps. En effet, voici certainement le disque le plus décontracté, le plus rigolard, le plus décomplexé, le moins inquiet d'être à la mode et donc le plus libre de gigoter que l'on ait fait depuis un bon moment. Oh, il n'y a pas de révolution chez le Quo. Ils font toujours du boogie à l'anglaise, bien frappé, avec des guitares légères et des voix bien sucre-pop. Et c'est très bien comme ça. De 'Rollin' home' à 'Overdose', tout cela vous passe sur le tympan avec souplesse et conviction. Un vrai régal simple et sans alibi'. La presse française, dans sa majorité, reproche souvent au groupe de se lancer dans une juteuse opération commerciale en produisant une musique plus soft que le célèbre boogie. Beaucoup regrettent le départ de Lancaster et on peut lire : L'absence de Lancaster se fait cruellement sentir. Rhino Edwards est si anodin qu'après avoir écouté n'importe quel autre album du Quo on se demande si la basse n'a pas été oubliée au mixage. Alors, par pitié, Alan, rengages-toi'.