1975 - 1976


L'année 1975 aura droit à deux tournées françaises, une en janvier, une en décembre. La presse française s'en fait l'écho et relaie, enfin, les dates programmées. Epinal, le 10/01, Paris, le 11/01, Bordeaux, le 14/01, Poitiers, le 15/01, Mont de Marsan, le 16/01, Toulouse, le 17/01, Marseille, le 18/01 et Nice, le 19/01 sont évoquées. Finalement, les concerts de Mont de Marsan et de Toulouse sont annulés. En contrepartie, Status Quo se produit à Marseille, le 16/01, à Saint-Etienne, le 17/01 et à Uzès, le 18/01. Status Quo est au sommet, en pleine forme. 'Down down' est n°1 en Angleterre et cette nouvelle dope évidemment un groupe qui ne manque déjà pas d'énergie. De la tournée de l'année précédente, seules les villes de Bordeaux et de Poitiers sont à nouveau visitée mais par rapport à 1974, le nombre de spectateurs est multiplié par quatre à Poitiers. Plus de 2.000 personnes dans la salle ! De la pure folie ! Deux bootlegs sont enregistrés pendant la tournée de janvier 1975, Paris et Marseille. Lors de cette tournée où là, le public répond présent, le groupe est introduit de la façon suivante : 'Ce soir, le meilleur groupe de rock'n'roll anglais, souhaitons la bienvenue à Status Quo !', phrase à laquelle les différents publics ripostent avec dynamisme. A peine arrivés à Paris, les quatre musiciens sont littéralement assaillis par la presse française. Ils accordent une interview à Rock'n'folk dans un restaurant local et Best leur consacre un article de cinq pages. Extra étant de la partie également, c'est toute la presse spécialisée française qui couvre l'événement. Status Quo est en tournée en France, une vraie tournée pas comme celle de 1974, inadaptée, sans promotion, intervenant au moment d'un deuil national en un mot, vouée à l'échec. Là, tout est différent, le groupe monte en puissance, commence à faire la une de la presse spécialisée.

Paris, Olympia (11/01/1975)
Paris, Olympia (11/01/1975)

L'horizon est dégagé. C'est donc étrangement par la ville d'Epinal que commence la tournée, en ce froid vendredi 10 janvier. Le lendemain, Quo prend le train pour Paris et débarque, à 11 heures, gare de l'Est où l'attend deux Mercedes qui doivent les conduire à l'hôtel. A l'Olympia, le concert programmé dans le cadre des musicoramas d'Europe 1 du samedi après-midi, de Christian Brunet, (il existe, alors, certainement, un enregistrement effectué par la radio elle-même), bénéficie d'un tarif unique des places ce qui provoque une certaine agitation, chacun jouant des coudes pour voir Francis, Rick, John et Alan de prêt. Il faut dire que, dès 15 heures, une foule nombreuse s'est rassemblée devant la salle. Personne n'a oublié le superbe concert donné ici, en 1973. Un certain nombre de personnes, principalement composé d'adolescents et d'un nombre non négligeable de filles, ne pourront entrer faute d'avoir un billet. Le Graal tant convoité n'est absolument plus disponible ! Devant une salle pleine à craquer, il est question d'organiser un second concert, qui, pour des raisons de logistique est finalement annulé. En effet, Michel Sardou, qui a réservé la salle du 26 décembre 1974 au 2 février 1975 doit jouer le soir même. 'Ca va être le pied !' crie un spectateur. Bien sûr, c'est le superbe 'Junior's wailing' qui démarre le concert alors qu'on entend 'Assis ! Assis ! Assis !'. Les organisateurs du concert ont malheureusement laissés les sièges et il est absolument impossible de rester assis lors d'un concert de Quo. Le public présent est abasourdi par l'énergie déployée par les quatre musiciens et en redemande. 'Caroline' est plébiscité pour le rappel. Le groupe s'exécute mais dans une version qui est loin d'être la meilleure que les quatre musiciens aient joué sur scène, Rossi se plantant lors du solo. 'Bye bye Johnny' conclut le concert. Mais on entend, dans la salle, un fan dire :'Ah non, ça ne marche pas, çà ! Encore ! A l'image de cette phrase, le public en redemande mais le groupe, décide de ne pas revenir, malgré la pression. Une mini-émeute voit, alors, le jour et quelques quarante fauteuils sont molestés et un mur est même troué. Jean-Michel Boris, le directeur artistique du lieu et neveu de Bruno Coquatrix monte sur scène afin de ramener tout ce petit monde à la raison mais rien n'y fait ! On craint même pour le concert de Sardou, le soir ! Status Quo explique ce débordement de la façon suivante : " Cela n'a rien à voir avec nous. Nous avions joué nos rappels et fatigués, nous avons prévenu les responsables que nous ne retournerions pas sur scène. Au lieu d'allumer les lumières, ce qui est la seule façon de faire comprendre au public que le show est fini, on a maintenu l'obscurité. Les fans ont cru que nous reviendrions, c'est logique. Les responsables ont cru que nous céderions devant la colère, justifiée, du public mais nous n'avons pas capitulé. Nous faisons notre boulot, que les organisateurs fassent le leur ". Frustration ! 'Je préfère vous laisser imaginer la déception, la frustration, la rancœur de ces gosses qui sortaient en traînant des pieds les pieds de l'Olympia, épuisés par vingt-cinq minutes de rappel à blanc … Un beau gâchis.' titre Rock'n'folk. 

Saint-Etienne, Palais des sports (17/01/1975)
Saint-Etienne, Palais des sports (17/01/1975)

Après deux jours de repos, le groupe se retrouve pour son second concert à l'Alhambra de Bordeaux où 1.500 personnes se déplaceront pour un concert sold-out !!! Deux jours plus tard, à la salle Vallier de Marseille, Status Quo donne un concert extraordinaire auquel le chaud public méditerranéen (2.500 personnes) répond avec force, enthousiasme et vigueur. Le groupe semble meilleur qu'à Paris, plus rôdé, mieux en place. Il faut dire que c'est dans un hôtel de Poitiers, entre ces deux dates, que Francis, Rick, Alan et John apprennent que 'Down Down' est n°1 en Angleterre. Et que dire de la représentation au Palais des Sports de Saint-Etienne, devant près de 4.000 spectateurs !!! Un énorme succès populaire mitraillé par le journal local, 'Le Progrès'. Le 19 janvier, c'est à Nice, au théâtre de Verdure que Status Quo termine sa première tournée française à succès. Pourtant, malgré d'intéressantes rentrées d'argent, le groupe achève son périple français avec seulement cinq shillings en poche. Ces sept dates serviront de tremplin à un groupe surfant sur son grandissant succès français. Après un détour par la Yougoslavie et la Suisse et juste avant de débuter une tournée allemande, le groupe fait une nouvelle apparition à Colmar, le 11/02 et à Grenoble, le lendemain, en remplacement du groupe américain, Mahawischnu Orchestra, lequel vient d'annuler sa tournée.

Peu de temps après, à la fin du mois de février, les bacs des disquaires sont approvisionnés de la nouvelle galette du groupe. Les ventes de 'On the level' sont à la hauteur des espérances quoique, au lancement, légèrement inférieures à celles de 'Quo'. Néanmoins, au cours de l'année 1975, il passera devant son prédécesseur et deviendra la plus grosse vente d'albums du groupe en France avec près de 200.000 exemplaires acquis par les Français. Le 1er avril, 'On the level' fait son apparition dans divers classements où il restera jusqu'en novembre. Sa meilleure place sera la 1ère et il figurera sept semaines au top 10. 'Du premier au dernier titre, la même vibration, fureur de musiciens qui ont levé les poings. Pas de solo inutile, pas de titre qui s'essouffle au deux ou troisième sillon. Tout a été calculé pour frapper le plus fort possible, sans cassure, sans perte d'énergie. Et c'est une réussite.' 'Un rock sans problème, tellement facile qu'il rend heureux. Ce disque idéalement placé dans la vérité du rock démontre qu'on peut devenir un grand groupe en se contentant d'être simple.' 'A l'image des musiciens, le rock de Quo est sympathique et vigoureux, vigoureusement sympathique. Ils sont passés maîtres dans leur genre et leur métier. Très équilibré, ce disque est une incontestable réussite à mettre à l'actif de Status Quo, réussite supérieure encore à Quo. Voilà de quoi ravir tous les amateurs de rock-blues, les admirateurs de ce grand groupe anglais des seventies : Status Quo'. Les critiques favorables fusent de toute part et Status Quo est maintenant très populaire en France, devenant, par exemple l'égal d'un Deep Purple. En avril 1975, le vote mensuel des lecteurs de Best placent 'Quo' à la 10ième place et 'On the level' à la 6ième. En mai, 'On the level' demeure second mais 'Quo' progresse à la huitième place. Mais c'est au mois de juin que Status Quo atteint les sommets avec 'Down down' à la première place et 'On the level' à la seconde. Entre-temps, le 24 mai, 'Down down' est classé n°8 au hit parade RTL. Ce titre déclenche une véritable petite Statusquomania. A la fin du printemps, plus de 125.000 45 tours sont vendus à travers l'hexagone. Il faut dire que, pour une fois, les radios, que ce soient RTL, Europe 1 ou encore France Inter, diffusent le titre à tout va ! Les ventes ne faiblissent pas amenant le titre à la 99ième place des 45 tours les plus vendus au cours de cette année 1975 et n°11 des ventes de singles, le 2 mars ! (Classé du 9 février au 20 avril soit 10 semaines !!!).

Paris, Palais des sports (02/06/1975)
Paris, Palais des sports (02/06/1975)

Il tarde, déjà, de revoir le groupe sur scène. Les fans français n'auront pas longtemps à attendre puisque Quo revient en France, le 2 juin, au palais des sports de Paris. La veille, à 16 h 55, à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, le vol SK567 en provenance de Copenhague, amène groupe et management. Exit, l'Olympia … Trop petit avec ses seules 2.000 places. Lors de la tournée du mois de janvier, les promoteurs, encore un peu frileux, n'avaient pas jugé bon de réserver une salle plus grande. Résultat : Des milliers de demandes n'avaient pu être honorées. Et puis, soulagement chez les responsables de l'Olympia qui n'ont toujours pas digéré le passage houleux du début de l'année. Dorénavant, le palais des sports, dans un premier temps puis l'Hippodrome de Pantin seront utilisés. Mais, en ce 2 juin soit près de dix ans, jour pour jour, après les Beatles, jamais, le palais des sports n'aura connu telle ambiance. L'extraordinaire concert donné par les quatre Londoniens, devant une salle archi-comble et toute acquise à leur cause, est immortalisé par le magazine 'Best' de Juillet. Pas moins de sept pages sont consacrées à cet événement et c'est Francis Rossi qui fait la couverture ! 'Blues, rock, boogie et encore boogie, un show parfait, remarquablement mené, simplicité et efficacité comme on ne le croyait plus possible de les allier, et le punch, la joie de jouer qui éclate dans cette chorégraphie incessante de guitares et de cheveux. Bravo les Quo' conclue le magazine. Parfait résumé ! Status Quo donne, ici, devant 4.600 personnes, certainement l'un de ses meilleurs concerts français. Le groupe y joue incontestablement l'une de ses meilleures versions de 'Claudie' qu'il abandonnera pourtant bientôt. Coghlan y est notamment phénoménal. Concert parfait s'il en est devant un parterre de fans en transe, certains ayant fait la queue plusieurs heures pour avoir les meilleures places. Un mois plus tard, le 13 juillet, le single, 'Roll over lay down' fait une timide apparition parmi les meilleures ventes de 45 tours (n°40).

Rick Parfitt à Paris (11/12/1975)
Rick Parfitt à Paris (11/12/1975)

Les lecteurs de Best placent, en juin, 'Down Down' à la 1ère place, 'On the level' à la seconde et 'Roll over lay down' à la dix-huitième. Deux singles et un album classés, dans le même mois, il n'y a que Status Quo pour réaliser une telle performance !!! Devant tant de succès, une nouvelle tournée française est prévue en décembre. Elle prévoit sept concerts étalés du 5 au 11. Elle prend vite l'allure d'un véritable parcours du combattant. Une organisation déplorable fait que plusieurs concerts sont répertoriés à la même date à plusieurs centaines de kilomètres d'écart. Ainsi, le 6, Grenoble et Strasbourg sont programmés. Alors, pour permettre au Quo d'honorer les deux contrats, Grenoble est repoussé au 9. Finalement, les concerts de Colmar, le 5 et de Strasbourg, le 6 sont annulés suite à d'insurmontables problèmes financiers avec le promoteur. Il en est de même pour la journée du 7 où St Etienne et Nancy sont évoqués. St Etienne est finalement reporté au 10 et Nancy annulé encore à cause du promoteur. Marseille et Dijon envisagés le 8 sont aussi ajournés. Enfin, le report de St Etienne, à la journée du 10 aura pour but d'annuler la représentation prévue à Poitiers. Incroyable imbroglio. Néanmoins, le groupe se produit à Grenoble le 9, à St Etienne, le 10 et à Paris le 11. A St Etienne, le concert coïncide avec un match de football ce qui a pour conséquence une salle à moitié remplie. On aura tout vu' ironise Rossi. Cependant, le concert de Paris voit encore un palais des sports en effervescence qui assiste à la remise du premier disque d'or de Status Quo, en France. En effet, 'Quo' vient d'atteindre le chiffre de 100.000 exemplaires vendus dans l'hexagone, officiellement le 1er décembre. Status Quo n'est que le cinquième groupe étranger à être honoré de la sorte en France, à recevoir un disque d'or pour un trente-trois tours. Il devient, dans notre pays, l'égal des Rolling Stones ou des Beatles. A cette occasion, le grand patron de Phonogram fait le voyage spécialement des Pays-Bas pour remettre au groupe sa récompense. Il déclare alors que le Quo fait maintenant parti des plus grands groupes européens et que son succès, en France, est énorme. Celui-ci, désireux de discuter avec le groupe après le concert, devra pourtant attendre près d'un quart d'heure devant la loge. Lorsqu'enfin Status Quo lui donnera l'occasion d'entrer, Parfitt préfèrera partir à l'hôtel pour se doucher, Rossi et Lancaster iront dans une pièce à côté répéter quelques morceaux. Seul Coghlan restera … Quand on connaît l'aversion qu'avait John pour les grands bureaucrates, on peut se douter que la conversation fut certainement chaotique. 'Best' et 'Rock & Folk' couvriront l'événement, de manière positive pour le premier, négative pour le second.

Paris, Palais des sports (11/12/1975)
Paris, Palais des sports (11/12/1975)

Mais revenons quelques heures avant, histoire de connaître les derniers instants avant de monter sur scène. Tout n'est pas rose, lors de cette soirée. En effet, lors du soundcheck, le matériel de Parfitt donne des signes de faiblesse et des vrombissements intempestifs sortent de ses amplis. Il est finalement décidé de les changer mais, peu de temps avant la représentation, ils ne sont toujours pas installés. Rick s'impatiente et devient très inquiet. 'Bien sûr que je suis nerveux surtout parce que le matériel ne fonctionne pas correctement' s'exclame Rick à un journaliste quelque peu encombrant. Comme pour chasser ses inquiétudes, il parle du futur album. 'Il y a plus de variations et il possède quelques sympathiques titres plus cools que nous envisageons de jouer sur scène'. Pendant ce temps, c'est Colin Johnson qui ravitaille le groupe en bière. Avant le concert, John Coghlan, dont le Palais des sports est une de ses salles préférées, s'isole des trois autres et ne les rejoint que peu de temps avant que ne démarre la représentation. Il erre autour de la loge, sans direction et sans but réels attendant, on ne sait pas trop quoi, pour rejoindre ses potes. C'est un groupe contrarié par les problèmes techniques qui fait son entrée sur la scène du Palais des sports où les réclament, dans un vacarme assourdissant, les 4.600 fans ici présents. Les problèmes techniques perdurent pendant le concert mais la puissance du groupe les empêche de vraiment contrarier la représentation. Certes, le son est loin d'être parfait alors que Coghlan ne trouve rien de mieux que de renverser malencontreusement une partie de sa batterie. Pendant, le rappel, 'Caroline' et 'Bye Bye Johnny' augmentent encore l'enthousiasme des fans. La presse anglaise salue la prestation des spectateurs français : 'L'audience était portée par l'énergie déployée par le groupe lequel était supporté par l'enthousiasme du public. Il aurait été imprudent d'examiner la salle pour en déceler les dommages mais ça n'a pas été fait puisque le promoteur avait le sourire'. Peu de temps après, quelques extraits du concert sont diffusés sur les ondes de RTL dans l'émission 'Live'. 'Status Quo, une exclusivité RTL' introduit le journaliste. Six morceaux et non des moindres ('Junior's wailing', 'I saw the light', 'Roll over lay down', 'Big fat Mama', 'Don't waste my time' et 'Bye bye Johnny') sont retransmis. 

Paris, Palais des sports (11/12/1975)
Paris, Palais des sports (11/12/1975)

Ce même mois, les lecteurs de Best mettent 'Quo' à la 16ième place et 'On the level' à la 18ième place des albums alors que ces mêmes lecteurs élisent Status Quo, 9ième groupe de l'année et lui donne la même place pour ses prestations scéniques. Mais même si le succès est bien réel, il est encore possible de lire des articles destructeurs sur le groupe. 'Status Quo, les rois du rock dur' disait la publicité. Il serait urgent que l'on offre la collection complète de Seeds, des Stoges ou de Pink Fairies au triste inventeur de ce slogan. Car Status Quo n'est rien d'autre qu'un bon vieux (même son, même jeu de scène qu'au festival de Nancy en 1971) groupe de boogie. Quatre routiers du rock qui expédient sans génie ni imagination le plus vieux tempo du monde au travers de 6.000 watts. Alors mieux qu'un concert des Quo, traversez les U.S.A dans un wagon de marchandises, vous aurez quatre jours de boogie gratuitement et la sirène de l'Union Pacific à la place des soli de Rossi. On ne leur en veut pas d'avoir trouvé le truc qui marche, ils auraient pu éviter de l'user jusqu'à la corde. Il n'y a plus que les groupes de série B comme Status Quo pour n'avoir que 'Johnny be good' à jouer en rappel. Cet article, signé Michel Embareck de Best n'a rien de très perspicace car Quo n'a, bien sûr, jamais joué 'Johnny be good'. Quand la méchanceté est l'égale de l'ignorance ! Dix huit mois après sa sortie, 'Quo' est toujours plébiscité et considéré par les Français comme l'un des tous meilleurs albums de rock. Ainsi s'achève l'année 1975 que l'on peut considérer comme, peut-être, la plus prolifique de Status Quo, en France. Deux tournées, douze concerts et 'On the level' qui figure parmi les vingt meilleures ventes de 33 tours sur l'année. La France devient le troisième marché de Status Quo après l'Angleterre et l'Allemagne. Près de 300.000 disques du Quo (dont 100.000 sur les trois premiers mois) se sont écoulés pendant cette année 1975 et près de 50.000 personnes ont assisté aux concerts ! Cette année fabuleuse doit pouvoir servir de support à celle qui suit qui, pourtant, ne sera pas tout à fait aussi réussie.

'One the level' (disque d'or français)
'One the level' (disque d'or français)

A la fin du mois de janvier ou février 1976, il est question de quatre nouveaux concerts en France (Les villes de Nancy, Poitiers, Bordeaux et Dijon sont citées) afin de parachever la tournée incomplète de décembre 1975. Finalement, ces représentations ne verront jamais le jour sans que personne ne sache trop pourquoi. Mais l'explication la plus plausible réside, peut-être, dans le fait que le groupe a pris du retard dans l'enregistrement et la finalisation de l'album 'Blue for you' qui doit, prochainement, sortir. Parallèlement, Status Quo a la satisfaction de voir 'Hello' et 'On the level'  rejoindre 'Quo' au rang de statut de disque d'or. Ce seront leurs deuxième et troisième disques d'or, en 5 mois !!! ll semblerait, même, que ces niveaux de vente ait été atteint dès le second semestre de l'année 1975 mais ils ne furent reconnus, officiellement, qu'aux dates suivantes : 'On the level' est certifié le 13 février 1976 et 'Hello', le 22 avril. 'On the level' aurait pu, même, être élevé au statut de double disque d'or (200.000 exemplaires), mais le SNEP, organisme qui délivre les certifications n'officialisera ce niveau qu'en 1988. 'Hello' mettra plus de temps pour atteindre la récompense, près de trois ans après sa sortie. Mais qu'importe, la reconnaissance discographique est là et bien là !!! Les événements qui vont suivre dans cette année 1976 feront qu'il faudra attendre la future tournée de 1977 pour la remise officielle aux studios RTL de Paris. Au mois de février, 'Quo' est numéro 6 dans le vote mensuel des lecteurs de Best. 'On the level' est lui classé n°23. Status Quo devient un véritable habitué de ce 'Bestop' du célèbre magazine.

Peu de temps après, le 14 mars, le nouveau single 'Rain' entre dans le top de ventes français. Il débute une belle ascension qui le conduira à la 22ième place, le 25 avril. Il restera classé pendant huit semaines !!! Un très beau succès. Le 8 avril 1976, 'Rain' atteint son meilleur classement au hit parade RTL avec une belle 11ième place. Suivant l'exemple de son prédécesseur, 'Down down', 'Rain' sera également classé dans les cent meilleures ventes de l'année 1976 (n°77). En même temps, les fans français découvrent l'album 'Blue for you', qui, lui aussi, figurera parmi les bonnes ventes du printemps 1976. Il se classera n°4, restera sept semaines dans le top 10. Il figurera dans les classements de vente de mars à juillet, soit quinze semaines et sera 14ième dans le Bestop de Best, en août. Cet album est effectivement promis au plus grand succès. Sentiment vérifié puisque l'album sera répertorié comme la 28ième vente de l'année 1976. Les gaillards de Status Quo n'ont nul besoin de s'encombrer des trucs, recettes et autres gimmicks qui font la production rock d'aujourd'hui. Sur disque comme sur scène, ils foncent, tête baissée, balancent leurs riffs géniaux de simplicité et d'efficacité, égrènent leurs trois accords magiques dans une cavalcade fulgurante et emportent les suffrages passionnés de ceux qui font en priorité confiance à leur feeling, à leur défoulement, à leur jeunesse, dans l'appréciation de leurs groupes favoris. Les kids, comme dit l'autre, Status Quo sait leur parler directement, sans détours. Ils leur donnent exactement ce qu'ils veulent. Et ce 'Blue for you' les comblera encore, car il contient du rock'n'roll encore plus costaud et luxueusement exposé qu'avant. Plus forts, plus nets sont les 'Is there a better way', 'Ring of a change', 'Rolling home' ou 'Mystery song' qui vont devenir incessamment les nouveaux compagnons de le saine défonce des banlieues. Ca défile superbement, sans accroc, avec juste les quelques pauses de blues coulées et agréables dont le Quo a le secret. Status Quo n'a pas changé, et c'est tant mieux, il semble juste s'améliorer dans la maîtrise de ce boogie d'acier. Allez, laissez vous faire, vous ne pouvez résister à Status Quo'. La critique de 'Blue for you' est, encore une fois, positive et même Rock'n'folk, magazine habituellement opposé au Quo mentionne une certaine qualité de la part de cet album, tant au niveau de la production qu'au niveau du choix des titres. Au mois de mai, il se classe à la 2ième place du classement Best et 'Quo', deux ans après sa sortie est encore numéro 15. Le succès de l'album 'Blue for you' donne des idées à Vogue, distributeur de Pye, en France. Deux compilations sobrement intitulées 'Status Quo' et 'Status Quo Two' voient le jour alors que, étonnamment, le single 'Mystery song' enregistre de médiocres ventes. 

Le 28 août, Status Quo est annoncé comme tête d'affiche du festival d'Orange (le groupe était prévu jouer aux Arènes de Nîmes) lors duquel doit leur être remis leurs nouveaux disques d'or. Le groupe fait alors la une du magazine Best qui incite véritablement les dévoreurs de 'bon temps' à aller apprécier les démonstrations scéniques du Quo. Le festival doit se dérouler sur trois jours, du jeudi 26 au samedi 28 août. Le 26, la représentation est prévue au théâtre d'Orange, les deux autres jours, les concerts doivent avoir lieu aux arènes de Nîmes. les campings situés autour des deux localités sont pris d'assaut et des transports gratuits pour rejoindre les lieux de concert sont mis sur pied. Chapeauté par RTL et produit par la société de production Wah Wah, tout se présente sous les meilleurs auspices. De grands artistes de renoms sont également mentionnés tels que Rory Gallagher, Ritchie Blackmore, Hot Tuna, AC/DC ou encore Ted Nugent. C'est la première participation de Status Quo à un festival français. Phonogram prévoit de remettre à Status Quo, les deux disques d'or pour 'Hello' et 'On the level'. La fête s'annonce totale. Malheureusement, suite à des débordements dans les campings avoisinant dus à quelques échevelés et à une échauffourée entre jeunes spectateurs et police, lors du festival d'Arles, quelques jours plus tôt, le préfet de la région et les différentes municipalités se voient dans l'obligation d'annuler purement et simplement le festival afin d'éviter tout débordement.

Afin de palier à cette absence, un concert est programmé pour le mois d'octobre à l'Hippodrome de Pantin à Paris. Pourtant, c'est avec amertume que les fans français apprennent son annulation pour des raisons assez obscures d'indisposition d'un des musiciens. Il est avancé une migraine récurrente de Coghlan. Pourtant, la véritable raison de ce retrait est évoquée quelques mois plus tard. Pas assez de spectateurs ! Incroyable, Status Quo est au sommet de son art et de sa popularité en France et un concert est annulé faute de réservations. Il est, quand même, aisé de constater un cruel manque de promotion, cause de ce piètre résultat. Le groupe ne foulera pas les terres françaises au cours de cette année 1976 malgré une rumeur longtemps présente d'un concert à Paris, le 22 décembre dont un faux bootleg sera extrait. Tous ces incidents n'empêchent pas, au mois de décembre, les lecteurs de Best de placer 'Blue for you' à la seconde place. 

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