1990 - 1991


Comme 1989, les années 1990 et 1991 sont vierges de tous concerts en France. Comment peut-on expliquer que le groupe, si populaire des années 70, abandonne un pays qui était, pour lui, le troisième marché, que ce soit, indifféremment pour les ventes de billets de concerts ou de disques ? La raison en est simple. En 1989, David Walker prend en main la destinée de Status Quo dont les finances sont au plus bas. Il tend à privilégier les sources qui lui amèneront, rapidement, des gains substantiels. Son but est de faire entrer de l'argent, très rapidement car le groupe est au bord de la banqueroute. Or, la France ne fait pas partie de ses plans, les années 1988 et 1989 ayant été insignifiantes voire catastrophiques et il lui semble bel et bien que Status Quo ait perdu ses fans français. Les singles 'Not at all' et 'Little dreamer' tirés de 'Perfect remedy' ne sont même pas publiés dans l'hexagone, la maison de disques ne jouant même plus le jeu, la carrière française du groupe semble être dans une impasse. Le 7 janvier 1990, le magazine 'Back' publie une critique virulente de 'Perfect remedy'. 'Il y a deux Status Quo. Celui de Quo, On the level, le groupe qui, pendant près de deux décennies nous fit secouer la tête à coup de tubes imparables façonnés dans un boogie-rock torride certes répétitif à la longue mais toujours d'une efficacité à toute épreuve. Et puis, il y a l'autre, le groupe que l'on préférerait oublier tellement il a atteint le tréfonds de la médiocrité. 'Perfect remedy' fit partie de la deuxième catégorie. Accumulation de chansons niaises et ambiance de baloche ! En fermant les yeux, on s'y croirait : C'est Palavas-les-Flots en son et lumière avec son camping et ses friteries ! Franchement, on se demande pourquoi Rossi et Parfitt n'ont pas décroché une bonne fois pour toute comme ils l'avaient annoncé, en 1984. Navrant !' . Dans le même temps, on voit, très timidement, 'Little dreamer' pointer son nez à la 98ième place du classement des ventes de singles. Une semaine de présence pour une place très modeste, cet état de fait résume à lui seul, la position de Status Quo sur le marché français.

Le groupe apparaît, pourtant, en 1990, lors de l'émission de T.F.1, 'Sacrée soirée' et interprète 'Anniversary Waltz' qui sort, lui, en 45 tours dans notre pays et obtient un petit succès (n°93, le 23 décembre) grâce notamment à la participation à l'émission de Jean-Pierre Foucault. Preuve est faite qu'une promotion, même légère peut amener le groupe à avoir un quelconque succès à l'intérieur de nos frontières. Autre exemple, Francis Rossi et Rick Parfitt sont présents, le 20 mars 1991, à Paris, pour la promotion de la compilation 'Rocking all over the years'. Cette production sera entrée dans le classement des ventes d'albums, un mois avant, le 15 février et sera classé n°9, pendant quatre semaines consécutives soit environ 50.000 disques vendus. Mais, en cette année, le sommet est raté de peu lorsque la campagne promotionnelle avec Perrier est finalement tombée à l'eau. Un taux supérieur à la normal de benzène contenu dans l'eau ajouté à une campagne de diffamation de la commission fédérale américaine contestant l'authenticité  de la nature de l'eau produite par l'usine française auront raison de cette campagne de publicité. 'Can't give you more' devait servir de support musical aux spots télévisés et aurait, assurément, eu un certain succès en France quand on connaît les impacts publicitaires diffusés sur le petit écran. 

Le jugement qui accueille, en 1991, l'album 'Rock til you drop' est nettement plus favorable comme le témoigne cet extrait : 'Nos candidats au record de longévité reviennent avec ce nouvel album nettement moins merdique que le précédent, qui était d'un ennui abyssal. On aurait pu croire que les sympathiques Francis Rossi et Rick Parfitt étaient bons pour la casse mais la tendance s'est nettement inversée'. 'Son contenu n'étonnera personne, c'est du Quo garanti sur facture, soixante-quinze minutes durant. Leur boogie-hard plus fringant que jamais, Rossi et Parfitt s'en donnent à cœur joie n'hésitant pas à reprendre un Sam Cooke (Bring it on home) ou un Everly Brothers (Price of love) sans friser le ridicule. La logique et le contenu de ce disque en ferait volontiers un testament surtout qu'on y retrouve un de leurs premiers morceaux en version studio (Forty five hundred times) ainsi que toute la palette de leurs talents'. Critique signée André Brodzki dans le numéro de Best de Janvier 1992. Pourtant, les ventes ne décollent pas, fait lié à une promotion inexistante jumelée à une désaffection complète des Français. 1991 voit la sortie du dernier des trente-cinq singles sortis en France. Il s'agit de 'Can't give you more'. De puis 1968, plus d'1 million d'exemplaires des différents singles ont trouvé acheteurs. A lui seul, 'In the army now', en représente plus de la moitié, suivi par 'Whatever you want', 'What you're proposing', 'Something 'bout you baby I like' et 'Down down'. 

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