1981 - 1983


Petit Quevilly, Studio 44 (24/03/1981)
Petit Quevilly, Studio 44 (24/03/1981)

Enfin, les deux ans d'absence prennent fin lorsque le groupe annonce sa tournée 'Never too late' au début de l'année. Le 24 mars 1981, Status Quo se produit à Rouen sous un chapiteau, rayé blanc-bleu, au parc des expositions. En ce mardi de printemps, c'est un temps typiquement normand qui accueille Status Quo. Vents et pluies se sont invités. Malgré le froid et la boue, 2.000 personnes sont présentes pour voir John, Rick, Alan, Francis et Andy donner une représentation à la hauteur de la réputation du groupe. Ce n'est évidemment pas l'avis de Rock'n' Folk qui a dépêché, sur place, un journaliste dans le seul but de descendre le groupe. 'La formule n'a pas varié d'un iota depuis dix ans et plaît toujours. Quatre types (cinq en comptant l'organiste Andy Bown) multipliés par trois accord, çà donne douze mesures, inlassablement répétées avec juste ce qu'il faut de variation pour pouvoir décemment donner un titre différent à chaque version de l'unique chanson qui compose le répertoire des Quo. Jusqu'à présent, les titres les plus adéquats ont été 'Again and again' (no comment) et 'Down down' (car pour ce qui est viser bas ...). On peut se laisser prendre le temps d'un morceau ou deux mais après on navigue uniformément en eau trouble de 'Black water' à 'Dirty water'. Le Quo réussit, l'exploit n'est pas mince, de transformer une musique noire en une chose dénuée de swing et de sensualité, calibrée comme un produit manufacturé). Article pour le moins assassin ! Cependant, le concert tarde à démarrer à cause d'un câble électrique détrempé risquant de produire un court-circuit à tout moment. Après le concert, le groupe sans Francis Rossi, prétextant une migraine, semble t-il, se retrouve dans un studio rouennais afin d'y recevoir deux nouveaux disques d'or. Alan Lancaster accorde, à cette occasion, une interview pour FR3 alors que Parfitt et Coghlan sirotent petits fours et champagne, à volonté. Ces nouvelles récompenses concernent 'Whatever you want' et 'Just supposin'. Ce dernier devenant le disque qui s'est vendu le plus rapidement en France atteignant le statut de disque d'or moins de six mois après sa sortie, avec 200.000 exemplaires vendus, presque autant pour 'Whatever you want'. 

Rick Parfitt à Bordeaux (15/05/1981)
Rick Parfitt à Bordeaux (15/05/1981)

Le lendemain, le Quo est de nouveau sur la brèche en se produisant à la Rotonde au Mans. Lors de ce concert, alors que le groupe interprète, de manière énergique, 'Little lady', une panne de courant le stoppe de manière brutale. La panne rapidement réparée, 'Little lady' sera de nouveau interprétée. Après une seconde interruption, le light show montrera de gros signes de faiblesse et le groupe terminera la représentation, pratiquement dans l'obscurité. Le groupe est invité par la production de l'émission 'Incroyable mais vrai' présentée par Jacques Martin, le dimanche après-midi. Rossi, Parfitt, Lancaster et Coghlan déboulent sur la scène de l'Empire Wagram, habillés d'inhabituels survêtements Adidas, bleus azur. Souriants, aimables saluant mains au ciel, ils saluent le public qui semblent leur faire une certaine ovation. Après une brève et peu convaincante interview menée par l'animateur de l'école des Fans, Status Quo se voit remettre un diplôme comme groupe de rock le plus vieux (déjà !) et le livre des records. Jacques Martin conclut l'émission de la manière suivante. 'Au revoir …et revenez nous voir bientôt avec un nouve au record'. L'animateur, aujourd'hui disparu, était, peut-être loin de penser que le groupe avait encore quelques années devant lui. Ce fait est relaté dans le magazine 'Rock en stock' du mois d'avril 1981. Quo est de retour le 4 mai à St Laurent du Var pour une tournée française de 11 dates. 

Entre-temps, 'Something bout you baby I like' est classé, le 29 mars, pour quatorze semaines, dans le classement singles à la 37ième place. Il y reste six semaines pour des ventes estimés à 120.000 exemplaires !!! Le 5, le groupe joue à Marseille sous un chapiteau sur le parking du stade vélodrome devant 5.000 personnes et après quelques représentations en Espagne et au Portugal, les villes de Toulouse (le 14), Bordeaux (le 15), Nantes (le 16), Paris (le 18), Grenoble (le 19), Dijon (le 20), Strasbourg (le 21), Metz (le 22) et Lille (le 23) sont visitées. Cette tournée est certainement celle où le public est le plus assidu, sold-out partout, des places sont même refusées. La France qui commémore l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand est joyeuse et les demandes de tickets sont absolument incroyables. Plusieurs dates auraient pu être ajoutées. Pourtant, à nouveau, Lyon, St Etienne et Poitiers, trois villes où le Quo faisait 4 à 5.000 spectateurs à chaque concert, sont absentes. A Nantes, est-ce l'effet dévastateur de 'Little Lady' qui fait, que, à l'instar du concert du Mans, en mars, la salle se retrouve dans le noir. A nouveau, une panne d'électricité survint, un câble à haute tension de la ville ayant rendu l'âme. Quelques temps après, le speaker remercie l'EDF de son intervention rapide et le public d'avoir patienté. Néanmoins, le concert sera amputé de 'Don't drive my car'. A Paris, le concert est diffusé en direct dans l'émission 'live' de Dominique Farrant sur RTL. Deux heures de sueur et de boogie intense sont introduit par le journaliste de la manière suivante : 'Deux heures de Status Quo, ça va bastonner dans vos transistors'. Le lendemain, 4.000 personnes se bousculent à l'Alpexpo de Grenoble. Le 21, à Strasbourg, c'est plus de 6.000 personnes qui assistent au concert. Il y fait si froid que Rossi et Parfitt se voient dans l'obligation de tremper leurs doigts dans des verres d'eau chaude afin de les réchauffer et pouvoir jouer convenablement. Le 22, à Metz, Status Quo obtient certainement sa plus grande affluence lors d'un concert français, soit près de 10.000 personnes. 

Pourtant, Francis Rossi n'est pas au mieux et subit des injections de vitamines. Il est notamment affaibli par une laryngite tenace. Un médecin appelé, à son chevet, pour consulter se déclare même inquiet sur l'état général du lead guitariste de Quo. Puis, la formation se produit de nouveau à la télévision française en interprétant 'Something' bout you baby I like' lors de l émission de variété, 'Deux étrangers" diffusée sur Antenne 2 et consacrée à Johnny Hallyday qui ne cache pas son affection pour le groupe qu'il a rencontré, en 1979, en Bretagne. La tournée aidant, l'album 'Never too late' marche fort en France. A la fin de l'année 1981, il devient le onzième disque d'or de Status Quo. Pourtant, 1981 marque la fin de l'aire Status Quo en France. Une bonne partie du public les oubliera aussi vite qu'ils les ont encensés. La grande partie des fans Français est, comme ailleurs, sous le choc du départ de John Coghlan qui, paradoxalement, reste peu évoqué dans les magazines de rock'n'roll. Il est vrai que le groupe ne tournera ni en 1982, ni en 1983 dans l'hexagone d'où cette crise de popularité et ce, malgré les quelques dates annoncées pour le mois de mai 1982 dans le cadre de la tournée célébrant le vingtième anniversaire. Des concerts à Lille et à Paris sont même évoqués sur les ondes de RTL. A nouveau, ces concerts (sept dates prévues semble t-il) seront reportés en septembre puis finalement annulés sans explications préalables. La France oubliée pour les célébrations de l'anniversaire, il y a de quoi rager car le public français a toujours répondu présent au fil des années ! 

L'album '1+9+8+2' amorce le déclin de Status Quo en France. Pourtant, à nouveau, Best délivre une critique plutôt positive. 'Il faut croire que Status Quo est exceptionnel car il est toujours là , et même bien là, s'il faut en croire ce nouveau disque qui pétille de verve et de malice. Ces bonnes vieilles rengaines, sommairement pulsées, fonctionnent toujours à plein rendement. La preuve en est que pour réunir en un seul album autant de hits singles potentiels, il faudrait au moins réunir Police, Pretenders et Blondie'. il est classé à la 29ième place des ventes d'albums, chiffre, néanmoins, honnête. Bien que le clip soit diffusé à la télévision française, 'Dear John' ne se vend pas dans notre pays puisqu'il est classé à une maigre 95ième place du classement des ventes, le 5 septembre. Il manque, bien évidement, la tournée de promotion pour booster les ventes. Status Quo trouve, néanmoins, sa consolation en voyant 'If you can't stand the heat' devenir disque d'or, le 28 septembre alors que le single 'She don't fool me' réalise un flop total. 

L'année 1983, qui pointe bientôt son nez, confirme la tendance. Seuls les singles 'Caroline live at the Nec' (non classé) et 'Ol rag blues' (n°96, le 27 novembre) seront édités en France mais ils resteront dans les bacs sans trouver beaucoup d'acquéreurs. On ne parle plus guère de Status Quo dans les cours de récréation ou autres pauses café. A la fin de l'année débarque le nouvel album 'Back to back'. Les critiques n'incitent pas à investir de l'argent dans cette dernière production. 'Vous avez d'abord le genre de morceaux qui font d'abord remuer le gros orteil en cadence puis bouger franchement le pied en battant la mesure. On passera rapidement sur 'Too close to the ground', un slow sirupeux de Rick Parfitt et sur la déception de l'album, 'No contract' : Une bonne intro mais s'engluant dans une mélasse de claviers et de guitares molles, en un mot, ça dégouline de partout, j'en ai d'ailleurs encore plein les doigts. Ces craintes se concrétisent malheureusement en face B avec 'Marguerita time' véritable morceau de baloche et à un degré moindre, 'Your kind of love' et 'Stay the night' dans la plus pure veine variétés même si ce sont deux compositions assez agréables en fait. Inutile de se lamenter, le Status Quo hard est mort depuis bien longtemps (le double live étant l'album charnière, le testament d'un passé à jamais révolu). Alors soit on aime le nouveau, soit on ne l'aime pas mais ne le comparons surtout plus à celui d'il y a dix ans. Bon, pour en revenir à ce dernier album, 'Back to back', puisque c'est son nom, il y a quelques morceaux plus faibles que les autres, mais tout bien considéré le phénomène Quo opère toujours. A savoir que ce groupe est le seul que j'écoute un sourire aux lèvres, béat ou pas, je m'en fous : qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse'. 

'Back to back' à l'instar de son prédécesseur '1+9+8+2' est plus présent dans les bacs des disquaires que sur les platines des Français. Cependant, Status Quo est bel et bien présent dans l'émission 'La nuit du rock' diffusée sur Antenne 2, le 21 juin 1983. Ce programme diffusé de 23 heures à 5 heures et présenté par Patrice Blanc-Francard, présente diverses représentations des plus grands groupes de rock et le clip de 'Rocking all over the world' est diffusé.



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