1987 - 1989

La tournée française, programmée en mars 1987 ne compte pas moins de dix concerts, Strasbourg, le 10, Paris, le 11, Annecy, le 13, Nice, le 14, Montpellier, le 15, Toulouse, le 16, Lyon, le 18, Lille, le 19, Reims, le 21 et Clermont-Ferrand, le 22. Le groupe est interviewé aux actualités régionales sur FR3 avec un extrait de Caroline interprété lors du concert de Strasbourg. Les comptes rendus diffusés dans la presse française sont élogieux. 'Le grand retour de Quo valait la peine de se déplacer. Ce concert-là, c'était vraiment quelque chose ! titre Enfer Magazine du mois de mars' 'Ils devaient être nombreux ceux qui, en sortant du concert, n'avaient qu'une envie, celle de s'enrôler dans une grande armée, dont Quo fait sans nul doute partie, la notre, celle des headbangers ". relate le numéro de Hard Rock Magazine du mois de mai. Status Quo fait également la une de magazines comme le Poster ou OK Magazine, d'habitude réservés à une autre catégorie de chanteurs. Incroyable! Le 11 mars, le Zénith de Paris est plein comme un œuf soit environ 6.400 personnes donnant au groupe un de ses records d'affluence pour un concert français. La formation y fait un véritable triomphe après son dernier passage parisien, trois ans plus tôt. Ils seront encore 4.000 à Toulouse ou Strasbourg, 3.000 à Nice à prendre leur pied pour 120 Frs. Le 21 mars, le chapiteau planté au parc Léo Lagrange de Reims n'attire, cependant guère plus d'un millier de personnes. Seul petit bémol de cette tournée. Plus de quarante mille personnes assisteront à ce tour. 'Ces derniers temps, nous avions perdu notre public français. Avoir à le reconquérir est un but formidable. C'est comme perdre un ami de vue, le retrouver et réaliser qu'on a toujours quelque chose à partager' confie Rossi. Son vœu paraît s'exaucer en cette année 1987 qui semble comme un second départ scénique pour le groupe, tout du moins en France.


Le 18 mars, à Lyon, environ 1.800 personnes assistent au concert où, paradoxalement, c'est le titre 'In the army now' qui est le plus acclamé. Il fut question, un moment, que le groupe se produise au parc des expositions d'Albi. Finalement, les organisateurs renonceront devant le prix demandé par le management du Quo. Ce dernier vrai tour (avant 2007) que le groupe ait donné en France s'avère être un succès dû certainement au phénoménal triomphe du single 'In the army now'. Seulement voilà, beaucoup de jeunes Français assistent à ces concerts, plus par curiosité que par passion. Qui peut donc bien être ce groupe qui interprète ce titre mélodique et quel est son répertoire ? Les salles sont coupées en deux, les fans, les vrais, ceux qui aiment le boogie et les autres, fortement majoritaires, qui ne connaissent pas Status Quo et qu'ils viennent de découvrir avec ce simple à succès. Ils s'apercevront bien vite que ce titre est un dépareillé des autres et ce public de mode ne se reconnaît pas en Status Quo qu'il abandonnera aussi vite qu'il a apprécié. Néanmoins, cette tournée a des répercussions positives sur les ventes du groupe, en France. On enregistre une hausse sensible des écoulements des galettes du Quo. Ainsi, l'album 'In the army now', se classe n°16, le 15 mars et restera répertorié pendant 6 semaines, échouant de peu dans la conquête d'un nouveau disque d'or. Pas moins de cinq bootlegs sont tirés de la tournée (Paris, Nice, Montpellier, Toulouse et Clermont-Ferrand). A noter que les concerts de Clermont-Ferrand et de Reims ne furent pas, initialement, prévus dans la tournée et furent rajoutés. Cette même année, Status Quo est invité à une émission dominicale de Jacques Martin mais seule la batterie de Jeff Rich se dévoile au public, sans le groupe. 'Nous devions avoir un grand groupe international' commente le célèbre animateur passablement irrité. A la fin de l'année, Manœuvre de Rock'n'folk n'hésite pas une seconde à massacrer Status Quo lors des concerts joués en Afrique du Sud. 'crétins ou idiots les Status Quo ont joué en Afrique de Sud' titre t-il. A la fin de l'année 1987, le single 'In the army now' est classé 4ième vente de l'année et devient le douzième et dernier disque d'or du groupe, en France.

1988 nous amène une nouvelle galette nommée 'Ain't complaining'. La critique est mitigée comme le montre ce texte de Philippe Lacoche, journaliste à Best. 'Le combo se chercha parfois dans les méandres peu recommandables d'un soft-rock ou le clavier tentait de faire taire les guitares. Mais le boogie d'origine, virus tenace, persistait dans le répertoire. Cette dualité, on la retrouve encore ici, sur ce dernier album qui balance entre le très bon ('Ain't complaining', boogie swing dans la grande lignée Status Quo), le moyen ('Cream of the Crop', rock rapide bien enlevé mais déjà vu) à l'insuportable ('One for the money', son fouilli, entaché de synthés bavards, aseptisés, ou bien le fade 'The loving game'). Et puis, agréable surprise, même quand le Quo oublie qu'il est le Quo, prince du boogie torride, il sait faire dans le beau et le subtil. C'est le cas pour deux morceaux étranges, 'Another shipwreck' et 'Burning bridges' équipés, tous deux de mélodies nuancées, adroites et qui rappellent, par leurs ambiances très rythm'n' blues british, certains titres du Procol Harum des débuts, quand la divine formation de l'incompris Brooker s'adonnait furtivement à ce style. Là, le Quo est carrément étonnant et fichtrement séduisant. On en vient même à ne pas lui reprocher de ne pas recopier le Quo qu'il aurait dû toujours être'. L'album ne rencontre qu'un succès d'estime dans notre pays, bien loin des résultats de son prédécesseur. Les singles 'Ain't complaining' et 'Burning bridges' qui ont pourtant marché correctement, en Angleterre ne sont pas édités dans l'hexagone. Phonogram France préfère, en substitution, mettre en vente deux singles sirupeux, 'Who gets a love' et 'I know you're leaving'. Pourquoi ? La réponse est simple. Ces deux productions se rapprochent du titre 'In the army now' et la maison de disque pense flairer, à nouveau, un bon coup commercial. L'erreur est manifeste et les deux singles ne se vendent qu'à quelques centaines d'exemplaires.

Pourtant, il est programmé une tournée de promotion qui doit se dérouler du 2 au 11 décembre. Auparavant, Status Quo aura donné, le 18 novembre, un concert à Pau devant quelques trois cents personnes seulement, ceci précédant la tournée espagnole. Huit dates sont donc programmées, les voici dans l'ordre : Millau, le 2 décembre, Nice, le 3, Toulon, le 4, Grenoble, le 6, Saint-Etienne, le 7, Paris, le 8, Mulhouse, le 10, Lille, le 11. Malheureusement, Andy Bown est atteint d'une pneumonie en Espagne et la tournée française est purement et simplement annulée. Telle est la cause officielle de la suppression. Pourtant, des rumeurs circulent rapidement selon lesquelles les ventes de billets auraient été très insuffisantes pour rentabiliser ce tour ! Le manque de fréquentation du concert de Pau semble accréditer cette thèse. Finalement, la maladie de Bown semble satisfaire tout le monde sauf les quelques fans français se voyant dans l'obligation de se faire rembourser les billets et frustrés de ces annulations. Quo de nouveau aux oubliettes en France ? 'In the army now', juste un feu de paille ? C'est évident d'autant qu'il faudra attendre quatre ans pour revoir le groupe fouler une scène française.
'Perfect remedy' qui sort, en France, en 1989, n'est pas épargné par la critique, c'est le moins qu'on puisse dire. 'Perfect remedy, dont l'inspiration est aussi tarie qu'une oasis du Sahel, est aussi dynamique qu'une vieille baudruche dégonflée. C'est aussi rentre dedans que du Richard Clayderman plagiant du ZZ Top dans un pub irlandais. " " les papys du boogie sont vraiment, très, très fatigués. Ce Perfect remedy n'est vraiment que l'ombre de Status Quo, une vulgaire auto-parodie où on les croirait tous à deux de tension. Ils ont dû avoir une dérogation pour sortir de l'hospice où ils coulaient des jours heureux pour pouvoir aller enregistrer'. 'On ne dira plus boogie mais bouillie lorsque le nom de Status Quo sera prononcé'. Ces passages recueillis dans la presse française démontrent bien à quel point ce disque fût cassé et même les plus ardents défenseurs du groupe hésiteront à prendre position en sa faveur. Dans ce contexte et à la vue de cette production très médiocre, l'album n'est pas répertorié dans les classements de vente français. De plus et pour enfoncer le clou, Status Quo décide de ne pas se produire à travers l'Europe, en cette année 1989 ceci influant, de manière très négative, sur les ventes de disques.